Organisation

LES MUTATIONS INTERVENUS AU NIVEAU DE DES MISSIONS

En général dans les pays ayant adopté le modèle d’organisation administrative et économique française les chambres de commerce ont un rôle de représentation des intérêts de leurs membres, d’accompagnement de leurs membres dans leurs activités économiques et commerciales, de promotion et d’interface ente les opérateurs économiques et l’Etat. L’exercice de ces différentes missions a pris différentes formes au fil des ans.

Depuis sa création en 1948 jusqu’au début des années 80 la Chambre de commerce (dont les activités avaient été suspendues entre le 14 avril 1976 et le 17 octobre 1978 par le pouvoir « révolutionnaire ») accomplissait grosso modo quatre types d’activités :

Veiller à la régularité des approvisionnements du pays notamment en ce qui concerne les mouvements des navires desservant l’Archipel qui, en même temps servaient à l’exportation des produits de rente disponibles ;

Faire de la formation professionnelle. Cette activité se limitait en fait à l’initiation à la comptabilité, aux taches de secrétariat en particulier à la dactylographie. La Chambre elle-même avait des difficultés à trouver des gens formés à employer.
Pendant les années 80 l’institution consulaire a aussi globalement mené quatre types d’activités :

C’est en février 1993 que l’institution a conquis une réelle autonomie financière en obtenant de la part des autorités gouvernementales l’autorisation de percevoir directement la taxe de magasinage dans les ports. En juillet de la même année la loi de finances autorise l’UCCIA à prélever directement les frais de magasinage et d’assurance des marchandises auprès des usagers.

Le 16 novembre 2001 l’Etat signe le contrat n°01-02/MFBP portant concession du service de manutention et de magasinage dans les ports de Moroni, Mutsamudu et Mwali à la société Mer Australe, une société de droit français. L’arrêté ministériel n°03-21/MFBECEIP/cab du 21août 2003 confie l’exploitation et la gestion des magasins et entrepôts compris entre lazone portuaire de Moroni à la COMACO (Compagnie de Manutention des Comores) filiale de Mer Austral, à compter du 1er octobre 2003.C’est finalement en juin 2004 que l’UCCIA/CCIA opère le transfert des activités de magasinage et de gestion des terre-pleins à la COMACO. Un arrêté en date du 7 juin 2004 du Vice-président de l’Union en charge notamment des Finances fixe les modalités de perception des taxes revenant à l’UCCIA au niveau des centres douaniers. Une taxe de 1% sur la valeur déclarée de toute marchandise importée est perçue au profit de l’UCCIA.

Les mutations intervenues au niveau des statuts au début des années 90 se sont accompagnées de mutations au niveau des missions. Il y a eu un approfondissement et une diversification.Les activités développées tournent autour de cinq grandes missions :

La mission d’assistance aux entreprises en termes de formation, d’information et de promotion avec la mise en place en mai 1993 d’un guichet « I.B.C » (International Business Center) qui était chargé d’offrir des services aux entreprises tels que : Information,communication, documentation, secrétariat, accueil de hôtes, organisation de réunions, etc.Plus tard au début des années 2000 il sera mis en place à la CCIA Ngazidja un Service d’appui aux entreprises ;

S’occuper de la manutention portuaire, de la gestion des entrepôts et du batelage(communication des navires entre eux et avec la terre) ;
Faire du lobbying auprès des pouvoirs publiques notamment les facilités administratives et le paiement des factures des entreprises fournisseuses des administrations publiques. Pendant la période de l’autonomie interne il était arrivé que la Chambre invite un ministre et/ou le député à l’Assemblée nationale française et/ou un des hauts représentants de la Métropole aux réunions de l’Assemblée consulaire pour avoir des explications sur des mesures prises ou le retard mis à honorer les factures des entreprises fournisseuses !

La gestion des magasins d’entrepôt et des terre-pleins au port de Moroni et au port de Mutsamudu. L’Etat a en effet concédé à l’institution consulaire l’ensemble des terre-pleins à l’intérieur du périmètre de la concession au port de Moroni, de Mutsamudu et de Mohéli. Avec la création de sociètés d’Etat comme la SONATRAM (Société Nationale du Transport Maritime) et la SOCOPOTRAM (Société Comorienne des Ports et du Transport Maritime) les activités de manutention portuaire et de batelage ne relèvent plus del’institution consulaire. La gestion des magasins d’entrepôt et des terre-pleins donnait lieu à la perception d’une taxe qui constituait près de 80% des ressources budgétaires de l’institution. Les quelques 20% proviennent des centimes additionnels prélévés sur la patente et sur les marchandises exportées et du produit du droit d’inscription au fichier de la chambre de commerce. Il faut dire que le produit des centimes additionnels parvient rarement à l’ayant droit qu’est la CCIA.

L’organisation épisodique de sessions de formation professionnelle de courte durée comme dans la précédente période ;
Des activités d’interface entre le secteur privé et les pouvoirs publiques ;

La participation à des réunions et conférences internationales. C’est ainsi qu’en mai 1982 la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture des Comores (CCIA) a participé à une réunion des Chambres de commerce africaines tenue à Salisbury (l’actuel Harare, capitale du Zimbabwe) consacrée à l’examen de la situation et des perspectives des chambres de commerce africaines. Ce devait être la première participation de la CCIA des Comores à une réunion continentale. Par la suite il y a eu d’autres participations à des assises internationales comme celles de la Conférence des chambres nationales de commerce et d’industrie tenue du 25 au 29 juillet 1983 à Bruxelles en Belgique dans le cadre du groupe des pays A.C.P(Afrique, Caraïbe, Pacifique)du 25 au 29 juillet 1983 et à laquelle Monsieur Ali Bazi Sélim assurant les fonctions de Président de la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture des Comores, accompagné de Monsieur Mohamed Darouèche assurant les fonctions de Secrétaire Général de la CCIA ont participé. Ce devait être aussi la première participation de l’institution à une conférence internationale de cette envergure. La réunion de Salisbury et la Conférence de Bruxelles marquent le début de l’intégration de l’institution consulaire aux organisations internationales, continentales et régionales.

La mission de formation : Des partenariats sont établis avec des organismes au niveau national comme l’Office de Formation Technique et Professionnelle, le CASP (Centre d’Appui au Secteur Privé), le CNAC (Centre National de l’Artisanat des Comores),l’ENAC (Ecole Nationale d’Administration et de Commerce), etc. et avec des institutions extérieures comme la Chambre de Commerce et d’Industrie de la Réunion, La Concession portuaire de la Réunion,le PRIDE (Programme Régionale d’Intégration et de Développement des Echanges) de la C.O.I,Le Corps de la Paix (américain) en novembre 1992 pour l’enseignement de l’anglais, etc. En septembre 1993 des pourparlers étaient engagés entre les responsables de l’UCCIA et le Ministre de l’Education nationale en vue de la création d’un B.T.S (Brevet de Technicien Supérieur) en Administration des Affaires. Le projet n’a malheureusement pas été réalisé.En 1995 et 1996 des cours de commerce et de gestion sont organisés en partenariat avec l’Alliance Franco-comorienne. L’accès à la formation demandait d’avoir au moins le niveau du baccalauréat. A l’issu de la formation un diplôme de commerce et de gestion était délivré. En 2002 l’UCCIA organise une formation en alphabétisation fonctionnelle en partenariat avec le C.N.A.E.D (Centre Nationale d’Alphabétisation et d’Enseignement à distance et l’OFTP.
La mission d’information avec la création en mai 1992 de la « Lettre mensuelle d’information de l’UCCIA » remplacée plus tard (1994) par la publication « Le Courrier del’UCCIA ». Depuis 2009 un département chargé de la communication a été mis en place. Parmi les outils d’information déjà mis en place il y a la création d’un site web.
La mission de promotion qui se matérialise par l’accompagnement d’opérateurs économiques àla participation à des foires internationales et régionales ;
La mission de gestion des équipements portuaires en l’occurrence les magasins d’entreposage et les terre-pleins. C’est une mission que la Chambre a assumé jusqu’en 2004. En 1992 l’UCCIA a obtenu un prêt de 70 Millions de francs comoriens de la Banque de développement pour effectuer des travaux de réhabilitation des magasins ;
La mission consulaire qui a permis d’améliorer au fil des années le partenariat avec les pouvoirs publiques et les organisations consulaires étrangères et internationales.